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Quelques figures de la Légion d'Honneur

valerie_andre

GENERALE VALERIE ANDRE

La générale Valérie André a inauguré, à 95 ans, une place à son nom, à deux pas de l’entreprise Airbus Hélicopters à Dugny en Seine saint Denis:

Place Général Valérie André
Première femme pilote hélicoptère
Première femme Général

Le nom de cette femme d’exception, habitante d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), résonne à double titre comme une évidence. La place jouxte l’entreprise Airbus Hélicopters et le maire de Dugny (Seine-Saint-Denis), André Veyssière, a côtoyé Valérie André lorsqu’elle était conseiller au commandement du transport aérien militaire sur la base aérienne 107 «Sous-Lieutenant René Dorme», à Vélizy-Villacoublay (Yvelines).« Elle était agréable, toujours souriante. A l’époque, les femmes ne faisaient pas ce qu’elles voulaient. Elle a su s’imposer parce qu’elle avait toutes les qualités requises », estime André Veyssière.
Diplômée de médecine en 1947, elle obtient son brevet de parachutiste l’année suivante avant de s’envoler pour l’Indochine. Celle qui est désormais médecin-militaire effectue ses premières missions sur un terrain de guerre. « On sautait en parachute pour soigner les blessés, on les opérait même parfois sur place. C’était des conditions très particulières », raconte-t-elle aujourd’hui. L’arrivée de l’hélicoptère va tout changer. « J’étais subjuguée par de tels engins qui décollaient à la verticale. C’était inhabituel, personne n’y croyait trop. On avait l’impression d’être des pionniers », se remémore la nonagénaire, qui pilote sur un Hiller 360, un tout petit appareil ultraléger, dès 1950.
En Indochine, au sein de l’ELA 52, la toute première section d’hélicoptères de l’Armée de l’air, elle effectue au total 129 missions et évacue 165 blessés. L’unité est commandée par un jeune officier corse, le capitaine Alexis Santini. Les deux pilotes deviendront mari et femme.
Leur neveu, se souvient d’une phrase que lui répétait sa tante : « Si je suis pilote, je n’occupe pas une place de blessé à l’arrière. » Engagée ensuite durant la guerre d’Algérie, elle totalise à la fin de sa carrière 3 200 heures de vol, ce qui lui vaut d’être décorée de la croix de guerre, avec sept citations. Elle a également reçu la distinction de Grand-Croix de l’ordre du Mérite et Grand-Croix de l’Ordre de la Légion d’Honneur en 1999.
Un parcours d’exception porté par une volonté hors normes : « Quand on mène quelque chose, on se donne à fond, et plus vous avancez, plus vous essayez de faire mieux », glisse Valérie André.
Sa carrière confère à Valérie André une place particulière dans le monde des femmes militaires. Voilà pourquoi, une fois rendue à la vie civile, elle prend la tête de la Commission d'Étude Prospective de la Femme Militaire, avec laquelle elle travaille à promouvoir l'emploi des femmes dans l'armée.
En jetant un regard sur son passé, elle se dit fière du chemin parcouru. « J’ai eu une vie plaisante. Si je devais recommencer, je le ferai de la même manière.»

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JACQUELINE DE ROMILLY
HUMANISTE RAYONNANTE

Née en 1913, élevée par sa mère seule, son père étant décédé pendant la première guerre mondiale, Jacqueline de Romilly est une excellente élève. C'est la première lycéenne, lauréate du Concours Général en 1930 avec un premier prix de version latine, un deuxième prix de version grecque et un accessit de philosophie en 1931. D'origine juive par ses parents, elle doit attendre 1947 pour présenter sa thèse de Lettres, sur Thucydide et l'impérialisme athénien.
Professeur de langue et littérature grecque classique à l'université de Lille de 1949 à 1957, à partir de 1973, Jacqueline de Romilly occupe la chaire de la Grèce antique au Collège de France où elle est la première femme professeur.
C'est la deuxième femme qui entre à l'Académie Française à la suite de Marguerite Yourcenar où elle y apprécie beaucoup les séances d'élaboration du dictionnaire.
La Grèce a été très reconnaissante à Jacqueline de Romilly de ses recherches, de son travail d'humaniste érudite et elle lui a accordé la nationalité hellénique en 1995.
Jacqueline de Romilly est élevée à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'Honneur en 2006.
Jacqueline de Romilly a écrit de très nombreux ouvrages sur les auteurs classiques grecs (la tragédie grecque et Thucydide), sur l'histoire des idées (la douceur, la loi, la démocratie). Elle a composé aussi un roman inspiré par sa mère et un livre de méditation sur la montagne Sainte-Victoire et la Provence.
Jacqueline de Romilly est beaucoup plus intéressée par la modernité des Grecs anciens que par la mythologie. Elle admire la mise en place de la démocratie même incomplète. L'expérience grecque permet d'apprendre du passé pour promouvoir le civisme et la vie en commun face à la violence et au laisser-aller de la société. Grâce à la littérature grecque, Jacqueline de Romilly a foi en l'homme et elle développe le goût du bonheur.
C'est aussi un grand défenseur des langues anciennes. Jusqu'en 1984, Jacqueline de Romilly enseignait le latin et le grec à ses étudiants. Ces langues permettent de lutter contre les obscurantismes, elles incitent à préférer la connaissance aux croyances et aident à se retrouver dans l'humanisme occidental nourri des acquis du passé. Ce sont les langues de l'effort : il faut beaucoup d'attention pour regarder les mots, leur fonction grammaticale, développer l'esprit critique. Dans les zones d'éducation prioritaire, elles constituent un véritable ascenseur social, elles permettent de comprendre l'étymologie de tous les mots du français et de le rendre vivant.

Portraits

Catherine Maunoury

Catherine Maunoury

Dès son plus jeune âge, Catherine Maunoury s’est intéressée aux avions. Elle n’a que huit ans quand son père, médecin pilote, l’emmène voler pour la première fois. Encouragée par lui, elle a quinze ans pour son premier vol en solo et devient la plus jeune pilote brevetée à 17 ans.
Sa passion la mène au plus haut niveau de la compétition : elle accumule les titres aux championnats de France, d’Europe et du Monde et se situe toujours aujourd’hui parmi les meilleures femmes pilotes mondiales.
Après avoir gagné son second championnat du monde en 2000, douze ans après son premier titre, à force d’entraînement et de persévérance dans la motivation, forte de son expérience de gestion des équipages long courrier d’Air France, elle décide d’arrêter la compétition pour se consacrer au coaching de pilotes, à la présentation aérienne et au partage de son expérience à travers des conférences et diverses interventions.
Les qualités qu’elle a su mettre en œuvre dans ses différents domaines de compétence et d’excellence ne sont-elles pas aujourd’hui requises dans la vie professionnelle en entreprise et, en fin de compte, dans la vie quotidienne ?
La voltige aérienne n’est pas de « l’acrobatie » fantaisiste, mais une école d’excellence où se mêlent plaisir, entraînement et patience car le pilote est à la recherche permanente de la performance technique et de l’expression esthétique optimale. C’est aussi un sport de haut niveau codifié. En compétition, les figures sont répertoriées et présentées dans des programmes, connus, libres, inconnus, comme en patinage ou en gymnastique. La créativité s’exprime, elle, dans la présentation publique et en show aérien. Cependant, même là, l’improvisation est totalement exclue car le niveau de sécurité exigé est extrême.
LA FEMME
Pilote avion brevetée depuis l'âge de 17 ans, Maîtrise de philosophie, Mère de 2 enfants, Membre de la commission patrimoine de l’Aéroclub de France, Membre de la section Arts et lettres de l’Académie Nationale de l’Air et Espace, Colonel de la réserve citoyenne de l’Armée de l’Air, réseau ADER, PNC Air France de 1980 à 2005 avec un statut sportive de haut niveau.
LA CHAMPIONNE
Double Championne du Monde de voltige aérienne, Dix fois Championne de France.
SES DISTINCTIONS
Prix Icare (1989), Médaille de l’Aéronautique (1987), Médaille de vermeil de l’académie de l’Air et de l’Espace (2001), Commandeur de l’Ordre national du Mérite (2014), Officier de la Légion d’Honneur (2009), Chevalier des Arts et Lettres (2016)
"Pour nombre d’entre nous, voler est devenu banal. Mais il ne faudrait pas oublier trop vite le rêve, la fascination, la magie qui continuent à habiter l’aviation. C’est là un héritage qui nous vient du fond des âges, du jour où un homme a regardé le ciel avec les yeux du désir. Il est l’apanage de tous et de chacun, pilotes privés ou professionnels, de ligne ou de voltige, civils ou militaires. J’en ai moi-même reçu une part magnifique ! " explique-t-elle.

Claire Mounier

Claire Mounier-Vehier

Professeur de cardiologie à la Faculté de médecine et chef du Service de médecine vasculaire et hypertension artérielle à l’Institut Cœur Poumon du CHRU de Lille, le Professeur Claire Mounier-Vehier a reçu les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur le 29 septembre 2017 en présence de 250 personnes dont de nombreuses personnalités.

Présidente de la Fédération Française de Cardiologie, elle développe dans toute la France les actions qu’elle a portées avec succès, lors de sa présidence de la Fédération Française de Cardiologie Nord – Pas de Calais.

Militante et très attachée à son combat pour le cœur des femmes, le Pr Claire Mounier-Vehier a mis en place un Parcours de soins « Cœur-Artères-Femmes » au CHRU de Lille.
Pendant son mandat à la tête de la Fédération Française de Cardiologie, elle intensifie les messages vers le grand public. «Contrairement à une idée reçue, les femmes décèdent davantage que les hommes d’une maladie cardio-vasculaire. C’est même la 1ere cause de mortalité pour elles. Au-delà d’être moins protégées, les femmes sont aussi moins bien dépistées, prises en charge plus tardivement et se remettent plus difficilement…» indique-t-elle.

Le Pr Claire Mounier-Vehier alerte également les parents à travers une large campagne d’information sur les dangers de la sédentarité pour les enfants. Pratiquer une activité physique leur permet de consolider leur capital santé cardio-vasculaire. « Les actions de prévention vers les enfants constituent une priorité pour la Fédération Française de Cardiologie, car ils n’ont pas encore adopté de manière définitive les mauvaises habitudes d’hygiène de vie. A nous de leur montrer que faire de l’activité physique, manger sainement et ne pas prendre la première cigarette, c’est davantage un plaisir qu’une contrainte ! S’engager au quotidien pour la santé de nos enfants, c’est aussi une prévention citoyenne, contribution de chacun d’entre nous à la pérennité de notre système solidaire de protection sociale.» Claire Mounier-Vehier

Elle est passionnée par son engagement associatif et par la vie, d’où son « militantisme » pour la prévention des maladies cardiovasculaires.
Claire Mounier-Vehier reste accessible. Cette simplicité démultiplie sa force de conviction, au service du grand public.
Les Parcours du Cœur familles et scolaires auront ainsi rassemblé en France en 2017 plus de 400 000 participants.

Emilienne MOREAU-EVRARD

Claire Mounier Claire Mounier Claire Mounier

Alias : Jeanne Poirier, Emilienne la Blonde
Emilienne Moreau est née le 4 juin 1898 à Wingles (Pas-de-Calais). Elle se destine à la carrière d'institutrice lorsque éclate la Grande Guerre. En février 1915, elle crée, dans une cave, une école improvisée pour les enfants de Loos.
Le 25 septembre 1915, alors que les Ecossais du Black Watch contre-attaquent pour reprendre la ville, Emilienne qui n'a que 17 ans, s'empresse de se porter à leur rencontre pour leur communiquer les positions ennemies installées sur un fortin quasi inexpugnable. Grâce à ses indications, les Britanniques contournent et réduisent ce nid de résistance avec des pertes minimes.
Pour sauver un soldat anglais pris sous la mitraille, elle n'hésite pas à sortir de chez elle, armée de grenades, et parvient, avec l'aide de quelques soldats anglais à mettre hors d'état de nuire deux soldats allemands, embusqués dans une maison voisine. Finalement la ville est reprise par les Britanniques.
Evacuée, elle est décorée de la Croix de Guerre avec palme sur la place d'Armes à Versailles, et est titulaire de la Croix du Combattant. Les Britanniques lui décernent la Military Medal, la Royal Red Cross (first class) et l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, cette dernière décoration n'étant que très exceptionnellement attribuée à une femme.
Emilienne Moreau termine la guerre comme institutrice dans une école de garçons à Paris. Après l'armistice, elle retourne vivre dans le Pas-de-Calais et épouse en 1932 Just Evrard. Au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939, Emilienne Moreau-Evrard, connue des Allemands pour son action de la Première Guerre mondiale, est immédiatement placée en résidence surveillée, chez sa mère, à Lillers. Autorisé à rejoindre sa famille à Lens, elle commence, avec elle, par distribuer des tracts contre la capitulation et le maréchal Pétain.
Just Evrard est arrêté en septembre 1941 et, libéré en avril 1942, passe en zone sud. Emilienne l'y rejoint à Lyon. Elle devient agent de liaison du réseau Brutus.
Emilienne Moreau est connue alors dans la Résistance sous le nom de Jeanne Poirier ou Emilienne la Blonde. A Lyon, elle échappe de justesse à l'arrestation lors de l'affaire du 85 de l'Avenue de Saxe où dix-sept de ses camarades sont arrêtés par la Gestapo fin mars 1944. Les Allemands qui l'attendent chez elle dans le quartier de la Guillotière, la mitraillent et la manquent. Elle part finalement pour Londres par une opération aérienne le 7 août 1944, et rentre en France en septembre 1944.
Incarnant une seconde fois la résistance féminine française mais aussi l'engagement des "sans-grades" de la Résistance, elle est décorée de la Croix de la Libération par le général de Gaulle à Béthune le 11 août 1945. Membre du comité directeur du parti socialiste 1945 à 1963, conseiller honoraire de l'Assemblée de l'Union française de 1947 à 1958, Emilienne Moreau-Evrard nommée Officier de la Légion d'Honneur est également présidente de la fédération du Pas-de-Calais des anciens combattants républicains. Emilienne Moreau-Evrard est décédée le 5 janvier 1971 à son domicile de Lens. Elle a été inhumée au cimetière de l'Est à Lens.


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